TOMBÉ DU CIEL II Olga du Saillant et Felix Cholet

13.11 – 28.11.2025 — Galerie John Ferrère 18 rue Dauphine, 75006

Ce projet est né il y a trois ans, d’une rencontre et d’un dialogue. TOMBÉ DU CIEL explore les formes invisibles qui apparaissent, traces éphémères offertes au regard. Porté par un élan spontané, il s’est d’abord manifesté en 2023 avec l’exposition LE VENT EST LE DOUBLE DE L’HORIZON. Le regard de chaque spectateur a permis aux artistes d’en mesurer peu à peu la portée. Une exploration inattendue entre la nature fractale des mathématiques de Mandelbrot et l’abstraction pure. Deux extrêmes qui se rejoignent dans l’image, un double regard.

Olga du Saillant et Felix Cholet s’inscrivent dans une démarche de témoins et d’interprètes. Ils saisissent des formes mouvantes et fragiles : empreintes transformées par le vent, silhouettes féminines qui se dérobent et se recomposent, tant de traces aussitôt disparues. Si les tirages argentiques en noir et blanc s’inscrivent dans une tradition photographique classique, leur sujet et leur traitement en déplacent les codes. L’image ne documente plus : elle devient abstraction, mémoire et effacement. 

L’expérimentation des supports fait basculer l’image, elle devient objet, presque sculpture, s’imposant physiquement dans l’espace. Chaque cadre, conçu sur mesure en dialogue avec l’œuvre et entièrement réalisé par Felix Cholet, participe de cette métamorphose. Le médium argentique repousse ses propres limites et s’ancre dans une dynamique contemporaine. L’image n’est plus seulement surface, elle devient volume, expérience physique. À cela s’ajoute le travail minutieux d’Olga du Saillant : elle réalise à la main la repique, geste rare qui donne à chaque tirage une dimension artisanale.

Le livre TOMBÉ DU CIEL rassemble trois années de travail et prolonge l’expérience des expositions. Édité par equator books, il inscrit les œuvres dans un dialogue avec la poésie moderne et surréaliste, source d’inspiration majeure pour les artistes. Les fragments poétiques qui les accompagnent ne les expliquent pas, ils résonnent avec elles comme des souffles ou des échos. Comme les photographies, ils refusent le récit linéaire pour une forme organique et abstraite.

Emma O’Quigley